ACCUEiL / Pétition / Soutiens / Commentaires / Presse / Hérisson politique / Histoires.. / Chandeleur des Hérissons / 120 millions d'années d'évolution / Biodiversité / Un jardin attractif / Urgences pour un hérisson en détresse / Semaine de sensibilisation au hérisson : du 30 avril au 6 mai 2017 / La pétition de la discorde : cartes, données, statistiques et articles de presse / Le buzz abominable du meurtre d'un hérisson pour la promotion du disque et de la tournée de Philippe Katerine / Contact
Le 2 février, toute une histoire !

Dans l'Antiquité, la Chandeleur était la fête des chandelles, une marche nocturne aux flambeaux dédiée à la nature, pour implorer le retour de la lumière en ce milieu d'hiver et invoquer la déesse des moissons. On essayait alors d'apercevoir des hérissons. S'ils hibernaient, on disait que l'hiver allait durer six semaines de plus. S'ils étaient sortis, cela voulait dire que le printemps s'était installé, que l'on pouvait anticiper les récoltes et puiser ainsi dans les réserves de blé de l'année passée pour distribuer du pain aux plus démunis.

Quel lien entre la Chandeleur, les Hérissons, le retour du Printemps et les Crêpes ?!

Le 2 février, on mange des crêpes à la Chandeleur, en souvenir des galettes distribuées à Rome aux pèlerins lors d'une fête chrétienne. Mais cette coutume est une survivance de rites païens beaucoup plus anciens. En effet, la fête des chandelles était une marche nocturne aux flambeaux, pour forcer le retour de la lumière et l'arrivée du printemps. Dans la Rome et la Grèce antique, cette procession champêtre avait pour but ultime d'implorer la déesse de l'agriculture et des moissons. Et dans les cultures celtiques, la déesse de la fertilité, afin de purifier la terre. Cette sortie nocturne était alors l'occasion de voir si les mammifères étaient sortis d''hibernation, et plus particulièrement la nuit, les hérissons. Dans les dictons populaires qui sont encore d'actualité dans les campagnes, si le hérisson sortait définitivement, cela annonçait que le printemps s'était installé. Si le hérisson retournait dans son nid, cela voulait dire que l'hiver allait durer encore six semaines. Cette indication météorologique du retour de températures clémentes propices à la germination permettait d'anticiper les récoltes, terminer plus rapidement le blé de l'année passé, et faire plus de pain à distribuer au moment où la nature n'offre plus rien à manger. Depuis toujours, les anciens savaient ce que les scientifiques ont récemment découvert : le hérisson est une espèce parapluie, protectrice de la biodiversité, garant de la bonne santé des sols. Ainsi, on peut symboliquement le remercier pour tout ce que la nature nous apporte, et quand on mange des galettes ou des crêpes, penser à leur laisser quelques croquettes pour aider les plus maigres à traverser l'hiver et prévoir de planter quelques haies...

CHANDELLES & CHANDELEUR

Depuis l'antiquité, la festa candelarum commémorait les retrouvailles de Perséphone, déesse de la Lumière, avec sa mère Déméter, déesse de la Vie, de l'Agriculture et des Moissons. Enlevée par Hadès, souverain des morts, Perséphone n'était plus de ce monde, les ténèbres étaient omniprésentes. Déméter partit alors à sa recherche avec un flambeau dans cette nuit symbolique, et obtint d'Hadès que sa fille reste sur la Terre pendant deux tiers de l'année (période claire), et dans l'autre monde (les Enfers) le reste du temps (saison hivernale).

La fête des chandelles à l'origine de la Chandeleur, fêtée le 2 février, symbolise donc le retour de la lumière à la sortie de l'hiver, au moment de l'année où les jours s'allongent de plus en plus vite.

Dans les cultures européennes préchrétiennes, au tout début février, on célébrait également la sortie de l'hiver et des ténèbres lors de la fête druidique Imbolc. Ce rite en l'honneur de la déesse Brigit a lieu la nuit. Il est associé à l'eau, à la purification. Essentiellement féminin, maternel, lunaire, il est lié à des aspects nourriciers, de fécondité, mais aussi à la nature, à la vie végétale et animale. Les paysans s'éclairaient avec des torches pour parcourir les champs en priant la déesse mère de purifier la terre avant les semailles, en espérant d'abondantes récoltes. Le mot février tire d'ailleurs son nom du verbe latin 'februare' qui signifie "purifier". On peut aussi rapprocher cette fête du Nouvel An asiatique, littéralement Fête du Printemps, qui démarre le calendrier agricole lunaire, et qui à lieu a lieu à cette période de l'année, lors d'une lune nouvelle quand la nuit est noire.

Le clergé catholique chercha pendant longtemps à éradiquer ces cultes païens. Mais les évêques ne réussissant pas à supprimer les processions, firent entrer les gens avec des bougies dans les églises afin de donner une orientation chrétienne à ces fêtes. Ainsi, au Ve siècle, le pape Gélase Ier institutionnalisa la fête des chandelles le 2 février, jour anniversaire de la présentation de Jésus Christ au temple, 40 jours après sa naissance. Au XIVe siècle, le catholicisme a également repris le rite de purification avec la célébration de la Vierge Marie.



LE 2 FÉVRIER, JOUR DU HÉRiSSON

En Irlande et en Amérique du Nord, le 2 février est le jour de la marmotte, groundhog, mais c'est bien le hérisson, hedgehog, qui en était à l'origine! On serait tenté de dire que le hérisson est l'animal hibernant que l'on a le plus de chance de rencontrer lors d'une marche aux flambeaux, car il est nocturne ! Et s'ils ont disparu en Amérique, il étaient très présents dans les civilisations antiques.

Ces coutumes populaires sont donc bien l'expression du bon sens paysan pour prévoir le retour de la douceur, de la germination et anticiper les récoltes. Ces observations permettent également de gérer les réserves de céréales dans le temps et la distribution du pain. La coutume de préparer des galettes à la Chandeleur a perduré jusqu'à aujourd'hui. Elle nous rappelle que la fin de l'hiver approche et que l'on a encore des réserves de nourriture. On se sert de la farine excédentaire pour confectionner des crêpes, symbole de prospérité de l'année à venir. Manger des crêpes protègerait également la récolte de la moisissure et le foyer du malheur. De nombreux dictons en témoignent : "Si point ne veut de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur". Le disque doré de la crêpe rappelle lui aussi le soleil...

 

OURS, MARMOTTES & HÉRiSSONS : LES CHAMPiONS DE L'HiBERNATiON

Les processions aux flambeaux vouées aux cultes de la nature permettent également de surveiller la sortie d'hibernation de certains mammifères, ceci afin de prévoir le temps. Si un mammifère sorti de sa tanière y retournait aussitôt, à cause du temps lumineux et vif (anticyclone polaire), c'est que l'hiver durerait six semaines de plus. Dans le cas contraire, par temps couvert (dépression maritime), c'est que les gelées étaient terminées et que le printemps s'était déjà installé.

Ainsi, dans le Languedoc : "Quan la Candeloùso lucèrno, quaranto jour après hiberno."
Quand la Chandeleur brille, il hiberne pour quarante jours de plus.

En Allemagne : "Wenn zu Lichtmess der Bär seinen Schatten sieht, so kriecht er wieder auf sechs Wochen ins Loch."
Quand à la Chandeleur l'ours voit son ombre, il rentre dans son trou pour six semaines.

En Irlande : "Si un hérisson sort de son terrier le jour de sainte Brigid, le temps à venir sera doux. À l'inverse, le temps sera mauvais pour la prochaine saison à venir."

En Wallonie : "Cwand l'lurson veût si ombe al Tchandl'eûse, i r'mousse è s'trô po sî saminne."
Quand le hérisson voit son ombre à la Chandeleur, il rentre dans son trou pour six semaines.

"Ine fèye qu'on arive al Tchand'leûr, I gn-a l'ivièr qui pleûre Ou bin il è-st-è fleûr."

Une fois qu'on arrive à la Chandeleur, il y a l'hiver qui pleure ou bien il est en fleur.

Dans la Grèce antique, Aristote fait du hérisson la figure de l'homme prévoyant qui ferme les portes de son âme aux mauvais vents ; car, dit le vieux naturaliste grec "Le hérisson fait à son habitation deux issues, l'une au nord, l'autre au sud, et ferme alternativement la première au vent glacé, et la seconde au vent chaud..."




LE HÉRiSSON, SYMBOLE DE FERTiLiTÉ

Dans les cultures antiques au Moyen Orient, le hérisson est symbole de source de lumière et de vie :

Dans l'ancienne Égypte, le hérisson qui dresse ses piquants représente l'intouchable, et quand il se met en boule, il est associé à l'inaccessible disque solaire qui éclaire la nuit de ses rayons. Il éclaire l'invisible et nous préserve de l'obscurantisme. Il protège les morts, croyance qui perdure aujourd'hui dans la culture rom.

Chez les Bouriates, un peuple à cheval turco-mongol, il invite à la sédentarisation, le temps d'une récolte. La tendance du hérisson à se recroqueviller en position fœtale est aussi un message de centrage et de connexion avec une source de vie. Son ventre est proche de la terre mère, et cette proximité est un symbole de fertilité.

Chaque année en Mésopotamie, pendant leJour de l'An au début du printemps, le souverain épousait une des prêtresses d'Inanna, la déesse de l'amour et de la procréation afin d'assurer la fertilité des terres. De la même manière, Ishtar chez les Babyloniens, est la déesse des "passages" : elle accompagne le passage d'une année à l'autre lors de la fête du Nouvel An nommée Akitu, littéralement "force faisant revivre le monde". On saisit donc l'importance de cette cérémonie du renouvellement de la nature au début du printemps dans ces société agricole comme la Mésopotamie. Le hérisson est associé à Ishtar, également déesse de l'agriculture. Il aide les hommes à retrouver le soleil et la lune un temps disparus. Sa capacité à se mettre en boule d'épines lui confère la symbolique des rayons brûlants de l'astre du jour. Dans les légendes perses, la nature solaire de ses piquants lui a valu d'être considéré comme le symbole de la maîtrise du feu.

 

En Iran, dans la religion zoroastrienne, le hérisson est divinisé comme génie protecteur des jardins, puis comme celui du sol. Il représente alors la déesse Spenta Armayati, patronne de la terre et symbole de la dévotion.

Le hérisson est également sacré dans la province chinoise du Hebei.

Est-ce donc grâce à ses extraordinaires facultés d'adaptation depuis plus de 60 millions d'années, ou de par la nature solaire de cette boule de piquants que le hérisson est considéré depuis la nuit des temps comme un symbole de fertilité, source de lumière et de vie ?

Dans toutes les cultures, le début du mois de février est le moment où la vie reprend et se renouvelle. Nous sentons les premiers frémissements du Printemps. C'est l'apparition des perce-neiges. Des premiers pissenlits réputés pour leur action détoxifiante afin de nous nettoyer en vue de la nouvelle période d'activité qui s'annonce. Cette période est propice pour nous remettre en question et faire naître en nous de nouvelles aspirations qui pourront éclore au printemps.



Signer la pétition : https://www.change.org/p/sauvons-les-hérissons-en-danger

Pour une prise de conscience écologique, locale et nourricière de la Nature !